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Nous voulons inciter les 8 pays membres du CCPAC à abriter certaines de nos activités et surtout les opérations de police

Comment pouvez-vous apprécier le niveau de réalisation des recommandations de la dernière édition du CCPAC ?

 Interview

Michel KOUA            

Chef du Bureau régional INTERPOL pour l’Afrique Centrale, Secrétaire Permanent du CCPAC

 

Comment pouvez-vous apprécier le niveau de réalisation des recommandations de la dernière édition du CCPAC ?

Avec les difficultés que nous avions rencontrées l’année dernière, nous n’avions pas réalisé toutes nos activités programmées. Et certaines activités ont été reportées cette année. Mais la première année où j’ai été nommé chef de bureau, effectivement nous avons mené une opération de police, des sessions de formations et avons tenu toutes nos réunions statutaires. Mais il y a certaines activités qui n’ont pas été réalisées pour des raisons évoquées supra.

En dehors des activités qui ont été reportées cette année, quelle est la particularité de la 29eme Réunion du CCPAC et quelles en sont les attentes ?

La particularité de cette réunion réside dans la relance des activités programmées par le CCPAC au cours de cette année 2018. Cette réunion des Sous-comités tech- niques a pour objectif la mise en œuvre des recommandations du CCPAC et les décisions du Forum des Ministres en charge des questions de sécurité en Afrique Centrale. C’est une occasion qui nous est offerte pour bâtir des stratégies communes afin de lutter efficacement contre certaines formes de criminalité qui sévissent dans notre zone. Au cours de ces assises, nous avons allons inciter les pays à accepter d’abriter certaines activités programmées telles les formations, les réunions et surtout les opérations de po- lice. Ainsi, de tradition, nous nous retrouvons en début d’année avec des experts venus des pays membres du CCPAC pour que nous discutions avec eux et que chaque pays puisse choisir une activité qu’il peut abriter sur son territoire.

En termes de stratégies, quelles sont les actions qui sont menées par le CCPAC pour lutter contre certaines formes de criminalité ?

Il y a des actions qui sont menées aussi bien dans le cadre de la prévention que de la répression. Dans le cadre de la prévention, nous organisons des séances de formation pour donner la compétence nécessaire aux agents des services chargés de l’application de la loi qui accomplissent des missions sur le terrain. En termes de répression, nous organisons des opérations de police pour éradiquer certains phénomènes criminels constatés. Et c’est dans ce cadre-là qu’on peut citer par exemple certaines opérations que nous avions organisées dans le passé et qui sont toujours d’actualité telle que « l’opération MPILI ». Il s’agit d’une opération pour lutter contre les médicaments contrefaits.

Il faut juste le rappeler, nous avons lancé cette opération en 2012. Elle a été organisée à Brazzaville au Congo et à Kinshasa en République Démocratique du Congo. Plus de 230 tonnes de médicaments contrefaits avaient été saisies. Lors des saisies effectuées à Brazzaville, un échantillon avait été examiné par les Experts d’INTERPOL. Il ressortait des analyses que certains produits ne possédaient aucun principe actif. Au regard de la forme, il s’agissait bien des com- primés mais qui ne traitent aucune maladie. Ensuite, le Camerounais avait pris le relais en 2015 avec prêt de 22 tonnes de faux médicaments saisies. Et ce sont ces produits que nos populations aiment acheter pour soigner leurs enfants malades. Au regard de ce qui précède, nous avons jugé utile de reconduire cette opération.

Pour rester dans cette  lancée, à  votre avis, est-ce que tous les 8 pays  membres du CCPAC sont-ils investis à fond dans ce combat ?

Je dirais oui. Depuis 2008, le CCPAC a programmé plusieurs opérations de police aux- quelles certains pays ont pris part. On peut citer par exemple l’opération GBANDA pour la lutte contre le trafic des véhicules volés  en Europe et qui circulent dans notre zone. L’opération BANA pour lutter contre l’exploitation des enfants, l’opération TRIDOM pour lutter contre le braconnage des espèces protégées. Il faut aussi signaler que plusieurs pays ont accepté d’abriter certaines de nos activités.

Au regard des méfaits causés par les médicaments contrefaits, le Secrétariat général de l’OIPC INTERPOL est venu à notre secours pour nous proposer une autre opération de même type mais baptisée sous le nom de LUCRIPHAC (Lutte contre la criminalité Pharmaceutique). Pour ce projet, certains pays membres du CCPAC ont abrité la formation, mais seul le Gabon avait réalisé l’opération avec une tonne de médicaments contrefaits saisies.

Au vu de ce qui précède, quelles sont les perspectives à entrevoir pour la pérennisation de ce type de projets ?

Le phénomène de faux médicaments nous interpelle tous. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons que tous les pays acceptent d’abriter l’opération MPILI. Je tiens à vous rappeler que le Comité des Chefs de  Police de l’Afrique Centrale comprend 8 pays membres. Cependant si aucun pays n’accepte abriter nos activités sur son territoire, nous ne pouvons rien faire. C’est pour cette raison que nous demandons aux pays membres du CCPAC d’organiser certaines de nos activités.

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