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Cameroun : Plus de 200 cas liés à la traite des personnes enregistrés en cinq ans

Formation de lutte contre la traite des personnes premier Jour

 

 

De 2013 à 2017, 275 cas liés à la traite des personnes et aux infractions connexes ont été enregistrés au Cameroun. Soient 250 cas de 2013 à 2016 et 25 cas en 2017. Ces statistiques relevés par le Commissaire de Police Jean Luc MBELLA, au cours de la première journée de formation, témoigne de la gravité de ce phénomène qui est sans cesse croissant.

Ce phénomène de traite au Cameroun, s’est concentré depuis environ cinq ans, non plus vers l’Europe, mais plutôt vers le Moyen- Orient. D’ailleurs, des 250 cas répertoriés entre 2013 et 2016, 2/3 concernent le Koweït, l’Arabie Saoudite et le Qatar. La destination du Liban est devenue moins attractive du fait des multiples cas malheureux signalés et relayés dans les réseaux sociaux. Les victimes sont pour la plupart exploitées à des fins sexuelles, soumises au travail forcé, restreintes de mouvements et interdites de sortie avec confiscation des documents (Passeport, Carte de séjour, …).

Toutefois, il faut relever qu’en 2017 l’on a noté une nette régression des cas signalés. Cela est dû d’une part, à une forte mobilisation des autorités et de l’opinion publique dénonçant ce phénomène criminel qui demeure cependant encore d’actualité. D’autre part, aux actions des unités d’enquête, notamment la Direction de la Police Judiciaire qui a démantelé plu- sieurs réseaux de trafiquants et de passeurs.

Au total, 64 individus ont été interpellés et présentés aux Parquets compétents.

Face à la recrudescence de ce fléau, le Cameroun en plus de renforcer son arsenal normatif, a pris une mesure conservatoire en 2016 via la Délégation Générale à la Sûreté Nationale, en interdisant tout voyage aux jeunes camerounais à destination du Proche et Moyen-Orient pour des besoins d’ordre socio-économique. Cela a permis de diminuer drastiquement ce phénomène. Malgré les actions menées et les résultats obtenus, l’ampleur du trafic des camerounais vers le Moyen-Orient impose de nouvelles stratégies de lutte, plus efficientes. Ainsi, le Commissaire de Police Jean Luc MBELLA propose les pistes de solutions suivantes :

  • l’organisation d’une campagne nationale de sensibilisation et de prévention des populations sur ce phénomène ;
  • le renforcement des capacités des acteurs sociaux pour une meilleure assistance aux victimes et leur protection ;
  • l’organisation des meetings annuels sur

les problèmes spécifiques ;

  • l’organisation d’une conférence régionale pour les victimes (prise en charge, réintégration) ;
  • la création d’un Service d’enquête spécialisé dans la traite des personnes ;
  • la mise sur pied d’une Commission mixte (Cameroun-Koweït-Qatar-Liban) pour faire le suivi de la situation des camerounais vivant dans ces pays et qui sont victimes de traite ;
  • la création d’un fonds spécial pour le rapatriement des victimes au Cameroun ;
  • la création d’un fichier contenant toutes les structures concernées par la question du trafic des personnes (ONG, sociétés de recrutement, associations religieuses…);
  • la finalisation rapide des projets de convention d’emploi avec le Koweït, le Qatar et le Liban, de manière à formaliser les rapports entre employeurs et employés ; …

Gabon

Les enfants victimes du trafic et soumis au travail forcé

Les enfants font partie de l’une des principales victimes de la traite des personnes au Gabon. Dans ce pays de l’Afrique Centrale, les formes de traite des enfants se caractérisent entre autres par leur exploitation à des fins domestiques, commerciales, sexuelles et agricoles. Ces enfants sont pour la plupart des ressortissants des pays tels que le Togo, le Bénin, le Mali, le Sénégal…

Pour lutter contre ce fléau, le Gabon mène des opérations de police d’envergure nationale et internationale. L’une d’elles ayant eu de très bons résultats, a été l’opération “BANA” menée en 2010. Cette opération réalisée avec l’appui du Bureau Régional INTERPOL Yaoundé, a permis de secourir près de 400 enfants victimes de trafic et soumis au travail forcé, et d’interpeller les trafiquants. Actuellement, le pays est engagé dans le projet “JTIP ” qu’INTERPOL exécute avec son unité de lutte contre la traite des personnes. Ce projet devra déboucher, selon Chantal APENDEKI, Officier Régional Spécialisé en charge des communautés vulnérables, à la réalisation des opérations simultanées.

RCA

L’inexistence des lois accroit le phénomène de la traite des êtres humains

Les pygmées, les peuls et les albinos constituent les trois groupes vulnérables victime   de      traite             en   République Centrafricaine (RCA) Ce fléau  qui     va grandissant, perdure du fait de l’inexistence des lois. Bien plus, le pays fait face à l’absence de formation des Officiers de Police en la matière et à la non dénonciation des populations. Selon les informations fournies par l’ORS Chantal APENDEKI, en charge des communautés vulnérables au Bureau Régional INTERPOL pour l’Afrique Centrale, les victimes des traites sont très souvent enrôlées comme enfants soldats ou alors soumis aux exploitations sexuelles. Pays signataire de toutes les conventions en lien avec la lutte contre la traite des êtres humains, la RCA a tout de même mis en place des unités de police qui sont chargées de traiter des cas de traite dénoncés. Il s’agit de l’UMIRR et des services de lutte contre les violences basées sur le genre.

 

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